Les conseils d'Émilie Ondet, naturopathe.

Pourquoi prendre en compte les spécificités des femmes dans les études scientifiques / cliniques ?

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Et pourquoi cela a-t-il été si peu fait jusqu’à présent …

Je suis Emilie, rédactrice web spécialisée en santé. Création de contenus – vulgarisation scientifique – optimisation SEO

Je vous propose un article pour réfléchir ensemble à l’impact du genre sur la santé, les maladies et les traitements. Depuis les débuts de la médecine moderne, les femmes restent sous-représentées. La recherche clinique s’est majoritairement construite sur le corps masculin comme référence. Pourtant, nous allons voir que prendre en compte les spécificités des femmes dans les études scientifiques ouvre la voie à une approche médicale plus efficace.

Et si la médecine moderne n’était pas aussi universelle ?

Pendant des décennies, la recherche clinique s’est construite autour d’un modèle implicite : celui du corps masculin, considéré comme standard, neutre, généralisable. Les femmes, elles, sont restées dans l’angle mort de la recherche scientifique. Bien qu’elles ne soient pas absentes des soins, elles restent largement sous-représentées dans les données qui les fondent.

Aujourd’hui, la médecine de genre vient questionner cet héritage scientifique afin d’améliorer la qualité, l’efficacité et la sécurité des soins pour toutes et tous. Et c’est une bonne chose !

Des femmes encore sous-représentées dans les essais cliniques

Une analyse d’essais cliniques multinationaux approuvés par la FDA montre que les femmes ne représentaient que 29 à 34 % des participants en phase I, 41 à 51 % en phase II et 38 à 49 % en phase III des essais cliniques.
Donc plus on avance dans le développement d’un médicament, plus les femmes sont représentées … mais pas encore de manière égalitaire.

Pourquoi les femmes ont-elles longtemps été exclues de la recherche clinique ?

Plusieurs raisons, à la fois historiques, culturelles et économiques, expliquent cet angle mort.

Une crainte héritée de l’histoire

La tragédie de la thalidomide dans les années 1960 a durablement marqué la recherche biomédicale. Pour protéger les femmes en âge de procréer et les fœtus, celles-ci ont été largement exclues des essais cliniques. Une protection devenue, avec le temps, une exclusion systémique.

Le corps masculin comme norme médicale

La médecine occidentale s’est longtemps construite sur l’idée que le corps masculin pouvait servir de modèle universel. Les différences biologiques féminines ont été perçues non comme une variable à étudier, mais comme une complication à éviter.

La complexité hormonale… et son coût

Les fluctuations hormonales liées au cycle menstruel peuvent influencer la réponse aux médicaments. Les prendre en compte impliquerait de tester les traitements à différentes phases du cycle, augmentant la complexité méthodologique et le coût des essais. Résultat : on a souvent choisi la simplicité… au détriment de la représentativité.

Des différences biologiques pourtant bien documentées

Ce choix scientifique n’est plus justifiable à la lumière des données actuelles.

  • Métabolisme : un médicament peut mettre jusqu’à deux fois plus de temps à être éliminé dans le corps d’une femme.
  • Pharmacocinétique : sur 86 médicaments couramment utilisés, 76 présentent des différences liées au sexe, rarement prises en compte dans les recommandations posologiques.
  • Composition corporelle : les femmes ont proportionnellement plus de masse grasse que de masse musculaire. Les molécules liposolubles peuvent donc être stockées plus longtemps, tandis que les molécules hydrosolubles se distribuent différemment.

Des conséquences très concrètes pour la santé des femmes

Ce manque de représentativité des femmes dans la recherche clinique a des répercussions directes sur leur prise en charge.

Plus d’effets indésirables

Les femmes subissent près de deux fois plus d’effets indésirables médicamenteux que les hommes. Ceci ne serait pas dû à leur fragilité mais au fait que les traitements sont souvent développés et dosés sans tenir compte de leurs spécificités biologiques.

Une efficacité thérapeutique différente

Certaines molécules n’agissent pas de la même façon selon le sexe. L’aspirine, par exemple, réduit le risque d’infarctus chez les hommes, mais pas chez les femmes. Une information longtemps ignorée dans la pratique clinique.

Des symptômes moins bien reconnus

En cardiologie notamment, les symptômes féminins sont moins bien connus, moins bien enseignés et donc plus souvent sous-diagnostiqués. Là encore, le manque de données genrées alimente un cercle vicieux.

Vers une médecine plus précise, plus juste

La bonne nouvelle, c’est que les lignes commencent à bouger.
La médecine de genre et l’approche sexo-spécifique gagnent en visibilité dans la recherche, les agences réglementaires et la formation médicale. Les revues scientifiques, les autorités de santé et les financeurs requièrent de plus en plus des données ventilées par sexe.

Reconnaître que les femmes ne sont pas de “petits hommes”, ce n’est pas une revendication idéologique.
C’est un enjeu de rigueur scientifique, de sécurité sanitaire et de qualité des soins.

Intégrer le sexe et le genre dans la recherche clinique ne complique pas la médecine : cela la rend plus précise.

Sources

  1. Yerman T, Gan WQ, Sin DD. BMC Med. 2007.
  2. Chen A et al. J Womens Health. 2018.
  3. Singh K, Swarup R. Nature. 2025.
  4. Zucker I, Prendergast BJ. Biol Sex Differ. 2020.
  5. Wallis CJD et al. JAMA Surgery. 2022.
  6. Documentaire Arte

Découvrez Émilie Ondet, naturopathe et réfléxologue plantaire
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